Les Mondes de Glace

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 [Texte] Voyage

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Violette Leem
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MessageSujet: [Texte] Voyage   Dim 12 Déc - 20:41

Voilà un texte que j'avais commencé durant un été de fouilles ^^ En juillet 2008.
Peut-être que de poster ici les lignes déjà écrites me donneront envie de raconter la suite. J'en ai écrit plus que ce que je présente là mais je mettrais la suite plus tard... d'autant que tout n'est pas encore tapé à l'ordi xD


Pourquoi celui-ci ? Parce que le sujet se prête plutôt bien à l'ambiance glacé de Mondes de Glace ^^



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Les uns derrière les autres, ils avançaient trainant leurs corps fatigués et mal nourris. Il avait arrêté de compter le temps qui passe mais dénombrait malgré lui ceux qui tombaient en route. Leur groupe se restreignait, après chaque nuit, de ceux qui ne pouvaient plus se lever. Ils n'avaient pas entrepris cela parce qu'ils le souhaitaient : qui voudrait réellement parcourir des milles en plein hiver au milieu des tempêtes neigeuses, des vents perçants ? Leurs pieds étaient engourdis par le froid et aucun ne quittait jamais ses chaussures de peur de voir ses orteils partir avec. Les lèvres étaient gercées mais on ne pouvait s'empêcher d'y passer la langue ce qui ravivait la morsure du froid. Les nez coulaient, les yeux pleuraient, les os grinçaient et les cœurs battaient fort pour tenter de réchauffer les corps.

Il avait pris la place du meneur qui était mort quelques jours plus tôt. Avec lui ne restaient plus que des jeunes hommes et femmes qui dans un temps pas si lointain étaient forts et beaux. Ils n'avaient plus l'air de rien désormais déguenillés dans des vieilles couvertures, couverts autant qu'ils le pouvaient pour faire face aux tourbillons blancs qui s'abattaient sur eux.
Il les menaient, les dieux seuls savent s'ils atteindront jamais leur destination. Il les menait vers cet endroit neutre qui pourra les accueillir. De l'autre côté des montagnes... pour connaître la paix.


Pourquoi avaient-ils commencé ce périple fou ? Ils auraient pu choisir de rester sur leurs terres et ils l'auraient probablement fait si les combats et les pillards ne s'étaient, en une seule et rapide nuit, rapproché de leur calme village.
Il avait encore en tête, et pour longtemps, la chaleur des chaumières brulantes, les cris apeurés des habitants, les hurlements d'horreur des femmes abusés et les agonisants soupirs de ceux mortellement frappés. Ses yeux le voyaient... Son nez le sentait encore... Le sang rouge vif sous la danse des flammes, chaud et visqueux. Celui de son père mourant dans ses bras. Il s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment le pauvre homme et avait trouvé en ses dernières forces de vie le courage pour dire à ce grand fils qui était le sien, les mots qu'il n'avait jamais prononcé pour personne. Plus ému sous le coup de cette déclaration d'amour et cette preuve de reconnaissance, il n'avait réalisé ce qu'il perdait en cette nuit que sous la morsure du vent. Mais il avait retenu ses larmes, comme les autres, pour économiser ses forces.

Une nouvelle halte, une nouvelle nuit...
Une douce accalmie ce soir-là comme si les dieux leurs accordaient enfin un peu de repos après les épreuves endurées.
Mais il ne trouva pas le sommeil. Les autres dormaient profondément, enroulés dans leurs couvertures de fortune, serrés les uns contre les autres. Il connaissait chacun d'eux et reconnut dans la pénombre leur souffle régulier n'aspirant qu'au soleil et à la paix qui s'annonçait au bout du chemin. C'était un long chemin et ils ignoraient s'ils en ont seulement parcouru la moitié. Chaque jour ressemblait au précédent et au suivant dans ces étendues d'une blanche monotonie. Leur groupe restait stable et aucune toux rouge n'habitait leurs membres. Leurs jambes avançaient seules mais ils gardaient les yeux ouverts, guettant à demi-hagard une crevasse ou une simple aspérité dans le sol traitre des montagnes.
Il ne dormait pas mais savait qu'il en aurait besoin. Une ultime fois, mentalement, il compta leurs dernières réserves de nourriture et désespéra de mourir si loin d'autres êtres humains si leur but n'était pas assez proche. Il savait que les autres s'inquiétaient aussi mais aucun n'en parlait. A quoi bon gaspiller de la salive pour dire ce que ressentaient également les autres ? Ils se comprenaient vivant la même chose que leur voisin de couchage, cet être vivant dont ils sentaient la chaleur, entendaient le souffle qui les berçait et les rassurait sur leur propre existence. Seul, aucun d'eux neuf n'aurait pu passer autant (et paradoxalement pour eux ce n'était pas assez... ) avancé dans l'enfer glacial des sommets.



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